Atelier n°2, sa majesté la fraise.

Publié le par Magali Hidalgo

l'Atelier qui met l'eau à la bouche, celui que nous attendons tous pour émoustiller nos papilles fatiguées de l'hiver ! Benoît Lopez, de "la ferme fruitière de la Hautière", nous a apporté plein de petits paniers de fraises, des bien rouges, toutes plus appétissantes les unes que les autres. Un dessert ? on a cinq ans, les yeux qui pétillent, le temps des brimades est fini, on a droit à une grande assiette !
Le rêve n'est pas que dans les yeux, les mots papillonnent : nous apprenons que la fraise, celle que nous allons déguster, n'a rien à voir avec la fraise des bois ; c'est un officier du génie maritime, Amédée François Frézier, qui rapporta en fraude, du Chili à la cour de Versailles en 1714, cinq plants de Blanches du Chili, des fraisiers à gros fruits blancs. Malheureusement, les cinq plants ne donnèrent jamais de fruits, car s’avérant être des plants mâles. Cette fraise blanche débarquée voici exactement 300 ans, rencontrera plus tard une autre fraise, rouge cette fois et américaine, pour un croisement spontané et réussi, l'ancêtre de la fraise que nous connaissons aujourd'hui.

Revenons à notre assiette : une belle feuille de fraisier des bois, une fraise des bois en son centre, divine tentation ! Au centre, deux fruits mystère, framboise ? mûre ? et une fraise qui n'a rien de mystérieux, tant sa forme et sa couleur paraissent équilibrées. De belles fraises, camaïeu de rouges et palette d'odeurs, garnissent le reste de l'assiette
Ouf, c'est parti ! la tentatrice en tout premier, la fraise des bois... hors les bois, elle n'est plus que déception. On croyait si bien démarrer la dégustation !
La « Gariguette », la « Mara des bois », luxe du marché de ces dernières années, et d'autres encore, nous les abordons à l'aveugle, comparant longueur en bouche, sucre, acidité, parfum ; nous sommes allés crescendo, étonnés par des sensations gustatives inconnues ; sans sucre, sans crème, les papilles travaillent dans du brut.
Benoît nous fait découvrir les différences entre la culture "hors-sol" et la culture de "plein champ", les rotations de culture (deux ans fraise, huit ans herbe), les contraintes et avantages de chaque variété de plant. Sa passion est communicative, il obtient tout de nous, attention, respect des consignes ; nous lui servirons même de « testeurs » pour deux variétés de fraises candidates à la culture sur la ferme !

Nous l'avons bien mérité, le centre d'assiette ! La « tayberry », croisement de mûre et de framboise, qui est plus que l'un et l'autre réunis en bouche. Il fallait ce goût sublime pour nous faire oublier le goût de la fraise et nous ramener face à notre assiette, où nous en avions oublié une...

Zut, nous allons perdre le goût de la "tayberry" ! Benoît est bien le seul à s'en amuser, et pour cause : la dernière fraise, "la Capella", c'est "sa" fraise, la plus belle, la plus odorante, parfaite sous la langue, celle qui fait l'unanimité, celle qui est exclusivement utilisée pour réaliser la confiture de fraise de "la ferme de la Hautière", La Capella, "AOC de la fraise", territoire la Chapelle-sur-Erdre, a une fois de plus réuni tout un groupe autour de Benoît, notre « prince de la fraise » d'un soir.

Atelier n°2, sa majesté la fraise.
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